Alors que la FIM (Foire Internationale de Madagascar) -dans un contexte politique difficile- vient de clore ses portes sur un indice de satisfaction et de notoriété exceptionnellement élevé et jusqu'alors inégalé par les précédentes éditions, que déjà le Comité d'Organisation s'est mis en ordre de marche pour préparer la 5ème édition de cet évènement économique majeur pour l'avenir et le développement de Madagascar. L'édition 2009 de la FIM aura eue le mérite de démontrer que le monde de l'entreprenariat à Madagascar restait très attaché au développement de la Grande île et conservait, malgré l'adversité, les ressorts nécessaires pour mettre à l'étude de nouveaux projets et travailler à poser de nouvelles stratégies d'investissement dans le pays. Que se passe-t-il à Madagascar ? Voilà un pays aux potentialités extraordinaires qui s'est laissé surprendre par la crise mondiale et qui faute d'avoir suffisamment pris en considération l'ensemble des paramètres sociaux concernant notamment les populations urbaines vulnérables, a basculé dans une crise socio-politique sévère. Aujourd'hui, alors que les grands projets miniers et énergies poursuivent leurs investissements sur Madagascar, que plus rien ne s'oppose à une reprise de l'activité touristique, que l'arrivée récente du câble réalisée par un opérateur international en téléphonie nous mettant en perspective de nouveaux métiers pour les générations à venir, nous pouvons raisonnablement travailler à relancer la machine économique. Par ailleurs, outre les secteurs économiques cités précédemment et passé les incompréhensions suscitées, comme par exemple, par certains anciens projets " agrobusiness " mal préparés, nous avons l'assurance que des projets agricoles ambitieux, accompagnées d'une communication appropriée, peuvent être lancés à Madagascar et apporter une solution durable à une pauvreté rurale persistante. Des mutations profondes s'annoncent pour l'environnement socio-économique de Madagascar ainsi le secteur privé devra être à la hauteur des nombreux enjeux et l'ensemble des projets entrepreneuriaux ne seront pas anodins dans une île qui recherche encore à se mettre au diapason de l'économie mondiale tout en préservant son tissu industriel traditionnel. Du mouvement, de la mobilité, de la persévérance, du travail et Madagascar vous apportera satisfaction et prospérité. Rappel d'un conseil déjà édicté par nous : Prenez vos parts de marché, appliquez vous des règles prudentielles raisonnables et vous ne le regretterez pas.

MDR et JLY

 
     

19/01/07

MELON

A Madagascar, le melon est aussi connu et apprécié pour sa chair douce et sucrée à la belle couleur orange. Et selon Renard Armelle, assistant technique horticole d'Antananarivo (CTHA), produite principalement sur les Hautes Terres, il est devenu, grâce au travail conjoint du CTHA et des producteurs, un met presque courant dans la capitale, Antananarivo. Le système de production mis au point est proche de celui utilisé en France : plantation de jeunes plants sous chenilles plastiques.
Le problème de dépérissement racinaire ne se pose pas. Cependant, le semis direct en culture de melon sous chenille plastique ou en plein champ pourrait constituer une solution intéressante à développer pour faciliter les techniques de culture.
En effet, actuellement, il n'existe pas d'entreprise spécialisée dans la production de jeunes plants et cette dernière est assurée par le CTHA qui ne pourra plus le faire dans les années à venir. Les producteurs semblent hésiter pour se lancer eux-mêmes dans la production de plants, activité rendue " délicate " par le coût élevé des semences. En effet, pour avoir des bonnes semences à Madagascar, il faut les importer de France et cela coûte cher, autour de 650 Ar par graine. Les producteurs ne peuvent pas ainsi se permettre de prendre le risque d'avoir un mauvais taux de germination que ce soit en pépinière ou en semis direct.
Le CTHA pourrait servir de relais pour la mise en place d'expérimentations de semis direct, à la fois sur la station d'expérimentation et chez les productions de melons, si cela intéresse les producteurs et en espérant que les conclusions des essais répondent à leurs besoins…

 

BANANE

La plupart des plantations de bananiers de la Côte Est de Madagascar sont infestées par la maladie de Panama ou fusariose. Cette maladie se manifeste par un dessèchement progressif de la plante entraînant la diminution du rendement produisant des fruits de mauvaise qualité. La plantation de nouvelles variétés de bananier résistantes à la fusariose s'avère indispensable dans cette localité car cette plantation procure aux quelques milliers de paysans y résidant une source de revenu non négligeable et un complétement de l'alimentation. Plus, avance Velosoa Razifiniary, Chef de service "Culture in Vitro " du CTHA, conscient et soucieux de l'avenir de la culture de banane, le Ministère de l'Agriculture, de l'élevage et de Pêche a lancé un programme national sur le bananier. Ce programme a vu l'intervention du CTHA dans le cadre de la multiplication in vitro ou micropropagation de deux variétés de bananier (ITC 1 282 et ITC 1 271) censées être résistantes à la fusariose et à la cercosporiose noire. Ces deux variétés sont proches de celles qui sont très appréciées par les consommateurs. Pour amorcer la multiplication, des vitroplans souches indemnes de maladie ont été importés de la Belgique.
La mise au point de la technique in vitro au laboratoire par le CTHA a permis d'identifier pour la multiplication, le milieu minéral de base de Murashige et Skoog (1962) en présence d'une hormone de croissance, le benzy adénine (milieu de F.COTE). Une subculture est réalisée toutes les quatre semaines où chaque explant (microbouture) donne naissance à 3-5 nouvelles pousses. L'enracinement se fait sur le même milieu de base sans hormone.
10 000 vitroplans enracinés à raison de 5 000 pour chaque variété, ont été produits par le CTHA et déjà expédiés au CTHT pour être sevré et plus tard, distribués aux planteurs

 

AERIEN

Une nouvelle compagnie aérienne régulière vient d'inaugurer son premier vol intérieur le samedi 23 décembre dernier après une mise en place d'une année. C'est finalement un bimoteur suédois de 33 places (Saab 340B) qui a été préféré à l'avion de transport franco italien ATR 42 de 45 places prévu initialement pour plusieurs raisons : adaptabilité aux conditions climatiques tropicales, plus de rapidité en vitesse de croisière sans parler d'une dépense moindre en kérosène.
Pour Frédéric Rabesahala, PDG d'Air Transport&Transit Régional (ATTR), "les destinations intérieurs restent prioritaires, Antananarivo, Mahajanga, Nosy be, Antsiranana, Sambava, Antalaha, Maroantsetra, Toamasina, Sainte Marie, Taolagnaro, Toliara puis nous viseront cette année même. La Réunion avec le second appareil du même type que notre premier bimoteur. L'inauguration de vols régionaux entre dans le cadre d'accords bilatéraux entre la France et Madagascar ", présice-t-il. De plus, la firme ATTR, créee par Frédéric Rabesahala va reprendre les lignes sociales (Antananarivo/Maroantsetra, Antananarivo/ Sainte Marie) à côté des lignes "rentables " Antananarivo /Nosy be, Antananarivo /Tolagnaro, Antananarivo/Sainte Marie utilisées par la compagnie nationale Air Madagascar, mais dont la demande sur ses destinations dépasse largement l'offre.
L'ACM (Aviation Civile de Madagascar) décortique chaque dossier. Une fois le cahier des charges respecté par la nouvelle compagnie aérienne, des "test grandeur nature " doivent être effectués par cette dernière pour vérifier la compétence de l'équipe au sol par exemple. Les actionnaires d'ATTR bien que discrets sont des hommes d'affaires connus du microcosme, incluant Charle Andriatsitohaina, Bernard Ravelomanantsoa, Leong Siw Lone…Pour un autre observateur, c'est le développement du tourisme inter-îles, entre les membres de la Commission de l'océan indien, qui se dessine à travers cet "open sky" qui ne signifie pas "libéralisation totale du ciel" mais des "ouvertures" dictées par des accords entre les pays désirant faire entrer sur leur sol une autre compagnie aérienne. .

 

PECHE

La Commission européenne et Madagascar ont conclu le nouvel accord de partenariat pêche (APP) de six ans puis est entré en vigueur le 1er janvier 2007. Il octroie des possibilités de capture exclusive du thon à 88 navires : 44 senneurs (contre 40 précédemment) et 44 palangriers (contre 40). La contribution financière annuelle de l'UE d'un montant total de 990 000 euros se répartit entre une compensation de 715 000 euros pour la capture d'un volume de référence de 11 000 tonnes de thon par an et une enveloppe spécifique de 275 000 euros destinée à soutenir la politique nationale de Madagascar en matière de pêche. La contribution versée par les armateurs passe de 25 à 35 euros par tonnes, et la contribution communautaire a été réduite en proportion de 75 à 65 euros.
Le gouvernement de Madagascar a accepté de consacrer 80% de la contribution financière totale à la promotion de la durabilité dans le cadre de sa politique de la pêche. Dans cette optique, les parties engageront un dialogue actif et permanent sur la politique de la pêche de Madagascar. Ils sont également de l'élaboration d'un plan d'action régional de lutte contre la pêche illégale, de manière à permettre sa mise en place et son application avant la fin de l'année.

 

BIOCARBURANT :
Une firme israélienne est en train de planter du Jatropha dans le sud de l'île pour produire plus tard du carburant " biologique ".
Tom Investment se lance dans le jatropha
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Tom investment est une filiale de Madagascar Mineral Fields (MMF), une entreprise israélienne spécialisé dans la recherche d'uranium du côté de la région Anosy (Taolagnaro). " Néanmoins, la création de Tom Investment entre dans le cadre d'une diversification du groupe à Madagascar ", explique Daniel Andriamihaja, Directeur Général de MMF et de Tom Investment.
C'est pour la première fois depuis la normalisation des relations diplomatiques entre le deux Etats en juin 2006, lors de la visite de l'Ambassadeur israélien Daniel Saada accrédité à Antananarivo mais résidant à Jérusalem que des investisseurs israéliens misent sur le long terme. Plus de 70 millions de dollars seront investis dans la plantation du jatropha dans le Sud-Ouest du côté de Sakaraha et le sud-est vers vangaindrano incluant aussi la seconde phase. Au total, les plantations s'étendront sur 700 000 hectares. C'est le Jatropha curcas, du genre Jatropha, qui sera planté, une plante dont la graine fournit une huile à usage industriel qui peut être utilisée comme biocarburant.
Ce carburant " biologique " pour les spécialistes possède plusieurs avantages : d'origine végétale issus de la biomasse (d'où le surnom de " carburant vert "), il possède des propriétés similaires au pétrole et peut parfois être utilisés dans des moteurs diesel ou des moteurs à essence. Il se substitue partiellement au totalement (ex : avec les HVP, la terminologie européenne est " huile végétale pure ") aux carburants pétroliers, notamment pour faire rouler les véhicules équipés d'un moteur Flex fuel ou polycarburant. Un projet de longue haleine qui mérite la patience des investisseurs dans la mesure où il faut attendre 3 ans pour obtenir des graines, en principe donc en 2010.
C'est à partir de cette date qu'une usine de transformation sera construite afin de produire le fameux carburant biologique " vendu sur place et exporte ", rappelle notre interlocuteur. A Antananarivo, Ami Shaked, le vice-président chargé du " business development " de Tom Investment rassure les autres actionnaires de cette firme basée à Tel Aviv…au téléphone. " They will come " (ils vont venir), rassure t-il en souriant.
D'autres investisseurs israéliens comptent investir dans d'autres secteurs : c'est le cas l'Anyway, spécialisé dans la mise en place de routes non goudronnées " stables ", faciles à entretenir. Cette firme présente à Madagascar en juin 2006 attend le feu vert du ministère chargé des Travaux publics, en comptant s'occuper des 8 500 km de routes secondaires malgaches. Néanmoins, la firme sud-africaine Carboncor compte aussi solliciter l'Etat malgache sur ce créneau en construisant des routes goudronnées spécifiquement sur les routes secondaires, utilisables le même jour.

Hery Andriamiandra